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Intervention de Romain LANGLET

samedi 10 décembre 2005, mis en ligne par alliap

Intervention de Romain Langlet 21octobre 2005 DM 2

Commission « Infrastructures, Transports et Déplacements »


Soixante dix ! Soixante dix trains CORAIL par semaine auront ainsi disparu de la circulation en 2004 et en 2005.C’est moins que les 100 prévus mais c’est encore trop !

Pourtant, aujourd’hui, nous pouvons un peu nous réjouir puisque la mobilisation des usagers, des associations, des syndicats de cheminots et des élus, particulièrement en région Pays de la Loire, a incité la SNCF à revenir en partie sur ces suppressions. Certes, les propositions de l’Etat et de la SNCF sont confuses mais considérons que c’est une première étape de la « Bataille du Rail » qui en appelle d’autres. Le gouvernement et la SNCF doivent et peuvent mieux faire.

Les suppressions envisagées sont la traduction des choix de la SNCF et du gouvernement qui depuis des années délaissent les lignes de voyageurs et de fret considérées comme non rentables. La suppression d’allers-retours quotidiens sur les lignes rend ces dernières moins attractives ; si le phénomène s’amplifie ces lignes perdront encore plus de voyageurs qui n’auront plus d’autre choix que de passer par la route. La SNCF aura alors beau jeu de justifier leur suppression.

Seule avancée significative, la modernisation des trains CORAILS : 130 millions d’euros. Mais, ça ne servira à rien s’il y a des restrictions de vitesse sur la majorité des lignes.

Au contraire, il faut envisager une relance des dessertes voyageurs. Cela nécessite des investissements importants : les infrastructures insuffisamment entretenues contraignent les trains à réduire de plus en plus leur vitesse (plus de 4 h pour Nantes-Bordeaux, 3 h 30 par la route !). Ainsi, l’audit sur l’état du réseau ferré national sorti en septembre 2005, souligne cette insuffisance de moyens financiers depuis 3 décennies et préconise 800 millions d’euros d’investissement supplémentaires chaque année pendant 20 ans. L’enjeu est de taille : La sécurité des voyageurs. La dégradation des voies ferrées s’aggrave de jour en jour et si rien n’est fait, 60% des lignes seront condamnées d’ici 20 ans.

Pour les Verts, il est clair que les choix budgétaires nationaux et régionaux doivent donner la priorité au rail plutôt qu’à la route ou aux aéroports. Alors que le prix du pétrole augmente fortement et définitivement, que les effets néfastes des gaz à effet de serre se font de plus en plus ressentir sur le climat, cette priorité est plus que jamais nécessaire et le gouvernement doit passer des paroles aux actes : le président de la république affirme dans les sommets internationaux que la planète est en danger, c’est bien, encore faut-il que les actes et les enveloppes financières suivent.

Rien de tel n’est prévu dans les propositions du gouvernement. Il confirme ainsi le désengagement financier de l’Etat dans son rôle d’Aménagement du territoire, en ne participant à aucun projet d’investissement. L’Etat amplifie ce désengagement en n’assurant pas l’affectation de ressources pérennes à l’AFITF (Agence de Financement des Infrastructures de Transports en France). Aujourd’hui, le gouvernement, revenant sur ses engagements, annonce la privatisation des sociétés autoroutières, dans l’année qui vient, et prive ainsi l’AFITF de sa principale source de financement.

SANS FINANCEMENT ADEQUAT, L’OBJECTIF DE REPORT MODAL DE LA ROUTE VERS LE RAIL RESTERA LETTRE MORTE.

La majorité régionale fait le maximum pour développer les transports ferroviaires régionaux (modernisation du parc, implication forte de la Région dans la réalisation des Pôles d’Echanges Multimodaux, doublement des trains suite à l’augmentation de la fréquentation, renforcement des dessertes...) mais la Région ne peut pas assumer les carences de l’Etat. Et si, demain, une expérimentation de décentralisation plus poussée des lignes ferroviaires devait se mettre en place, il est bien sûr évident qu’elle devrait s’accompagner des dotations financières de l’Etat correspondantes comme cela est prévu dans l’Article 72-2 de la Constitution.

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