Intervention d’Emmanuelle BOUCHAUD
DM 2
Les calendriers budgétaires nationaux et régionaux sont légèrement décalés. Au moment où, ici en région, nous discutons de la DM2, les députés au palais Bourbon débattent du budget de la nation.
Pourquoi dis-je cela ....Tout simplement en écho avec le débat précédant de cette assemblée et en aussi écho avec les débats du Palais Bourbon....
En toile de fond, à Nantes comme à Paris, il y a en effet la dégradation de la situation économique et sociale qui se répercute d’abord sur les populations les plus vulnérables. Je ne reviendrai pas sur ce qui a été dit par les collègues qui m’ont précédée. En tout cas, une chose est claire : tout se passe comme si la devise des gouvernements depuis trois ans était « Demandons beaucoup à ceux qui ont peu, et bien peu à ceux qui ont beaucoup ».
Si l’opposition régionale se complaît - c’est bien « naturel » - à dénoncer les 18 mois de mandat de notre majorité, force est aussi de constater la morosité du climat qui règne à l’Assemblée Nationale. Le scepticisme gagne même les rangs de la majorité : ainsi le député UDF Charles de Courson trouve que "Le projet de budget 2006 ne correspond pas à la vision que l’UDF a de l’intérêt général et de l’avenir de notre pays" Quant au député UMP Gilles Carrez, celui-ci avoue son inquiétude puisque - je cite - il « croise les doigts pour que la croissance soit au rendez-vous »
Inquiétant tout cela ! ... En tout cas surtout inquiétant pour nos concitoyennes et concitoyens qui vivent dans des situations de plus en plus précaires.
Ne l’oublions pas, l’Etat est le premier responsable de la politique de l’emploi. Quant à notre Région, nous n’avons pas à rougir de la nouvelle politique mise en place afin de favoriser notamment la formation et l’insertion des publics les plus en difficulté.
Je ne m’attarderai pas sur les difficiles conditions dans lesquelles s’opère le transfert des formations sanitaires et sociales. Nous y reviendrons dans la suite des débats...
Revenons donc à la DM2.
Cette décision modificative se caractérise par une augmentation des enveloppes budgétaires pour un montant de 43,5 millions € en autorisations de programme et environ 40 millions € en autorisations de fonctionnement dont 32 millions par anticipation sur le budget primitif de 2006.
Je m’arrêterai sur quelques propositions auxquelles les élus verts sont particulièrement attachés :
Nous retenons les efforts particuliers complémentaires pour les transports collectifs et ferroviaires : 15 millions € pour le schéma de transport multimodal, 6,7 millions € pour le transport collectif en site propre.
Nous ne pouvons que dénoncer la politique gouvernementale qui au nom de la rentabilité en arrive à brader le service public. La récente affaire des trains Corail laisse un goût amer d’autant plus qu’au même moment, l’Etat se désengage des sociétés autoroutières dont on ne peut suspecter le manque de rentabilité.
Est-il encore besoin de rappeler la nécessité des alternatives au transport routier dans ces temps marqués par la crise pétrolière : des prix qui flambent, des ressources de plus en plus incertaines, des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique dont nous connaissons les dramatiques conséquences.
De plus, nous mesurons chaque jour les précieux services que rendent les transports collectifs à de nombreuses personnes qui ont de plus en plus de mal à se déplacer : difficultés financières, éloignement domicile travail, embouteillages ...
Le succès des TER en constitue une preuve irréfutable. Si l’ancienne majorité a consenti un effort incontestable, on peut cependant lui reprocher un manque d’anticipation évident en ce qui concerne le renouvellement du matériel.
La gravité de la crise du transport appelle des solutions totalement novatrices. Nous n’attendons pas de l’Etat des pis-aller comme la restauration de la TIPP flottante pour tout le monde. Bien au contraire, les pouvoirs publics doivent faire la promotion des modes de transport doux et collectifs plus respectueux de l’environnement et accessibles à toutes et tous.
On le sait, la politique des transports est étroitement liée aux problèmes d’énergie. Tout le monde est désormais conscient des enjeux énergétiques. Tout le monde parle de développement durable et c’est tant mieux. Seulement l’Etat et EDF ne sont pas à une contradiction près. Par exemple, pendant que le gouvernement bloque les projets d’installations éoliennes offshore que le gouvernement Raffarin avait suscités, EDF projette la construction d’une nouvelle tranche nucléaire dite EPR sur le site de Flamanville. Ce choix conduit RTE à envisager la construction d’une nouvelle ligne Très Haute Tension qui pourrait éventuellement passer dans le Parc naturel régional du Cotentin, ce qui est un comble.
Les élus Verts sont opposés à cette ligne Cotentin Maine. Cependant, il ne s’agit pas pour nous de la détourner dans le seul but d’éviter son passage dans le PNR du Contentin. Nous demandons purement et simplement l’abandon de cette ligne. Les 200 millions d’euros prévus à cet effet pourraient ainsi être affectés dans une politique énergétique audacieuse visant notamment à développer les énergies nouvelles.
La politique de notre Région en matière de transport collectif et d’énergie va dans ce sens. Nous nous en réjouissons.
Autre choix important, le développement territorial qui avec les 28,5 millions € inscrits dans la DM2 pour la mise en place des contrats territoriaux uniques, que nous, élus verts, soutenons fermement.
Nous considérons que ces nouveaux contrats sont de véritables outils de cohérence territoriale dans la logique de ce qui a été défini dans la loi Voynet. Qui mieux que quiconque est à même de sentir cette cohérence territoriale sinon les élus locaux qui ont via ces contrats toute la liberté pour élaborer leurs actions et en faire le pilier d’une politique d’investissement et de développement de leur territoire. Il est vrai que cette philosophie est plus ou moins bien intégrée en fonction des territoires, mais ceci dépasse largement la question des clivages politiques et ceci n’a rien à voir avec ce vrai faux débat milieu urbain-milieu rural. Qu’il s’agisse du parc d’activité à Chauvé, de l’aménagement d’espaces naturels à Saffré ou d’un foyer pour jeunes à Erbray, ce qui compte n’est pas la taille de la commune mais la cohérence et l’articulation de son projet avec le projet collectif de son territoire. C’est ainsi que nous voyons les choses et que nous les défendons dans un souci perpétuel qui est le nôtre d’harmonie économique, sociale et environnementale.
Enfin, j’aimerais dire quelques mots sur la démocratie territoriale et notamment sur les Assises régionales. Des langues mal intentionnées évoquent une vague et coûteuse opération de communication.
On peut s’amuser à s’envoyer des chiffres et à comparer les sommes dépensées quand la droite dirigeait la Région.
Non, ce qui est intéressant, c’est ce qui s’est effectivement passé au cours de ses Assises.
Le résultat est là, nous avons mis en en évidence la démarche de démocratie territoriale que la Région met en place conformément à son engagement et dans une logique de mise en place d’un agenda 21. Certes, tout n’a pas été parfait mais nous avons montré que la communication et l’échange font partie de notre mission.
Les Assises ont été un moment d’échange extrêmement intense, un exercice de démocratie et de partage qui peut être risqué pour les élus que nous sommes. Mais c’est justement là, la démarche d’un agenda 21, une démarche qui consiste à se mettre en question tous les jours, à se mettre devant nos co-citoyen(nes)s pour qu’ils puissent juger et critiquer et c’est de cette façon-là que les choses avanceront et que nous pourrons peut-être redonner goût au débat public et redonner espoir en la politique et en la démocratie. ... La mise en place du Conseil Régional des Jeunes va dans ce sens. Puis-je me risquer à dire que nous avons commencé à casser cette « tour d’ivoire » que représentait l’institution régionale ?
Nous pouvons comprendre que cette manière de faire de la politique, laisse certains et centaines interrogatifs voire dubitatifs, voire vindicatifs mais c’est ainsi que nous comptons faire de la politique avec l’ensemble de la majorité, c’est ainsi que nous voyons les choses et que nous les défendrons.
Emmanuelle BOUCHAUD
Intervention de Mado COIRIER
Les emplois tremplins
Le 8 septembre, le gouvernement Villepin a fêté ses 100 jours. Ces 100 jours se concluent par un bilan de précarité, caractérisé entre autres par la mesure phare de l’été, le contrat nouvelles embauches. Ce contrat nouvelle embauche introduit la liberté de licencier, sans aucune justification. Il est en réalité pire qu’un contrat à durée déterminée avec lequel, au moins, le salarié sait pour combien de temps il est embauché. De plus, l’indemnité de rupture n’est que de 8 %, au lieu de 10 % pour l’indemnité de précarité du Contrat à Durée Déterminée. Le Contrat Nouvelle Embauche est encore plus dramatique qu’une période d’essai scandaleusement longue de deux ans, car le texte prévoit explicitement son renouvellement après une interruption de trois mois. Il permet de se débarrasser d’un salarié juste avant cette limite, d’attendre trois mois et de recommencer.
Rien n’empêche évidemment l’employeur de faire se succéder des Contrat Nouvelles Embauches avec des salariés différents sans même respecter le délai de trois mois.
Plusieurs autres ordonnances visent les jeunes.
Désormais, les jeunes embauchés de moins de 26 ans sont exclus du calcul de l’effectif qui
permet d’élire des délégués du personnel à partir de onze salariés, le comité d’entreprise et le
CHSCT à partir de 51.
Des milliers de jeunes salariés dans les petites entreprises sont privés du droit de se défendre. Les jeunes qui seront embauchés dans les « métiers où il y a des difficultés de recrutement » bénéficieront d’un crédit d’impôt. Le message est clair : plutôt que d’améliorer les conditions de travail des personnes qui y travaillent et augmenter les salaires, le gouvernement se contentera d’appâter les plus jeunes à accepter des contrats aux conditions de travail les plus pénibles. L’ordonnance mettant en place le « chèque emploi » pour les entreprises de moins de cinq salariés, au nom de la « simplification administrative » supprime la déclaration préalable à l’embauche et donc la possibilité de contrôler le travail illégal. L’employeur peut toujours « régulariser » a posteriori, en cas de contrôle, la suppression du contrat de travail ; Le chèque emploi supprime donc la référence à la durée du travail, à la convention collective, à la qualification...
Faute de s’en prendre au chômage, le gouvernement s’en prend aux chômeurs et impose par un décret, lui aussi pris en plein coeur de l’été, le contrôle et la répression par la baisse, voire la suppression, des allocations et la radiation. Le plan dit « d’urgence pour l’emploi » consiste surtout à précariser les salariés. C’est notamment :
Concernant les chômeurs, le Premier ministre invente la notion "d’offres d’emplois raisonnables". L’obligation pour les chômeurs et les jeunes, moyennant une prime de 1 000 euros, d’accepter n’importe quel travail, à n’importe quel prix, sous peine de sanctions Cela laisse entendre que les chômeurs seraient déraisonnables de refuser certains emplois, quelles qu’en soient les conditions : cela s’inscrit dans les logiques précédentes du RMA qui visent à obliger les demandeurs d’emploi à accepter n’importe quel emploi...
Face à l’échec du Gouvernement qui ne parvient pas à traduire le rebond économique en création d’emplois, la Région doit prendre ses responsabilités et répondre avec ses moyens limités aux demandes d’emplois des jeunes, des handicapés, des publics en difficultés. Compte tenu de la dégradation de la situation économique et sociale et de ses effets très négatifs sur l’emploi, de la fin des emplois jeunes, du peu de résultats obtenus par les politiques mises en oeuvre par le gouvernement en matière d’emplois aidés, la Région en sus des premières mesures des emplois tremplins, propose une série de mesures immédiates en faveur de l’emploi pour répondre à des situations d’urgence, mesures appelées tremplin pour l’emploi.
Nous avons choisi de favoriser les secteurs qui ont des besoins non satisfaits (Lycées, CFA) et d’encourager le partenariat avec les collectivités territoriales pour la création d’activités durables dans les structures de l’Economie Sociale et Solidaires,... Si en effet, l’emploi n’est pas une compétence première de la Région, celle-ci en fait une priorité et adopte une démarche volontariste.
Il ne s’agit pas de refaire en matière d’emploi ce qui est déjà fait par un autre acteur. Ce programme tend à favoriser l’insertion durable des demandeurs d’emploi en apportant aux publics ou aux secteurs concernés par une politique nationale de l’emploi (plan Borloo, Robien), la formation professionnelle et qualifiante indispensable à l’insertion durable. Il nous faut agir en coordination pour lutter efficacement contre le chômage des publics en difficultés (demandeurs d’emploi de plus de 50 ans, parents isolés, travailleurs handicapés) et des jeunes en particulier. L’emploi doit être envisagé dans une logique de développement durable des territoires. Faire en sorte que les acteurs locaux s’emparent du dispositif pour créer des activités nouvelles, des emplois utiles sur leur territoire. Nous savons que cette offre correspond à des gisements d’activités nouvelles et utiles.
Les politiques régionales seules, même si elles sont ambitieuses, ne suffiront pas à régler le problème de l’emploi ; il s’agit bien d’une responsabilité nationale, européenne et mondiale. A la fin d’une semaine où l’on a « refusé la misère », où l’on nous rappelle que l’écart se creuse de plus en plus entre les catégories favorisées et celles touchées par la précarité et la pauvreté ....On ne peut pas demeurer les bras croisés. On le sait, l’emploi est un facteur essentiel de développement personnel et collectif. Les Assises régionales ont confirmé la place de la Région, dans le cadre de ses compétences, pour actionner tous les leviers possibles et contrecarrer la progression du chômage et ses effets sur les territoires et les personnes. Lors des Assises un sondage réalisé par l’IPSOS montre que 84% des ligériens interrogés estiment ce projet des emplois tremplins prioritaire.
Mado COIRIER Membre de la Commission « Formation professionnelle, apprentissage et politique de l’emploi »
Intervention de Claudine GOICHON
Les emplois tremplins et handicap
Je profite de cette discussion sur le dispositif "Tremplin pour l’emploi", pour pointer la détresse des travailleurs handicapés, entendue lors des assises. Ces personnes qui rencontrent de grandes difficultés dans leur insertion professionnelle souhaitent être des acteurs à part entière de la vie économique et sociale de notre Région (je rappelle pour mémoire que le taux de chômage de ces personnes est de l’ordre de 30 %). Permettre à ces publics d’accéder à un emploi, c’est leur rendre leur citoyenneté.
Lors du conseil des ministres du 19 octobre 2005, a été annoncée l’entrée en vigueur avec effet rétroactif depuis le 1er juillet 2005 de la réforme des ressources énoncée dans la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, loi votée le 3 février dernier.
Pour les personnes handicapées qui travaillent : Bonne nouvelle, la loi prévoit un meilleur cumul entre l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et activité professionnelle. Cette mesure répond aux attentes des patients qui, jusqu’à ce jour, voyaient leur Allocations Adultes Handicapés baisser dès qu’ils commençaient à travailler. Elle devrait permettre un meilleur cumul de l’Allocation Adulte Handicapé avec un revenu d’activité, ceci dans la limite de 125 % du SMIC. Espérons que cela ne soit pas uniquement un effet d’annonce.
Les emplois tremplins s’inscrivent dans une dynamique de développement des savoirs et savoir-faire pour favoriser une insertion durable, notamment des personnes les plus fragiles. La Région a décidé d’apporter une aide plus importante pour le recrutement de certains publics :
• Les jeunes de - de 26 ans
• Les demandeurs d’emplois de longue durée de 50 ans et plus
• Les femmes "parent isolé"
• Mais aussi les travailleurs handicapés reconnus par la COTOREP
Par ces mesures, la Région souhaite encourager le partenariat avec les collectivités territoriales pour la création d’activités durables dans les structures de l’économie sociale et solidaire. Ce choix correspond à notre projet écologiste de Développement Durable.
Claudine GOICHON CONSEIL REGIONAL DES PAYS DE LA LOIRE Groupe « Les VERTS »
Intervention de Emmanuelle BOUCHAUD
Les emplois tremplins et énergie
Comme l’indique le règlement d’intervention des emploi-tremplin, les activités de ceci doivent notamment être en cohérence avec les priorités fixées par la région dont la question énergétique.
C’est sur cet aspect des choses que je voudrais intervenir.
En effet, comme vous pouvez le savoir, la situation actuelle de l’énergie en France, mais aussi en Europe et dans le monde entier interroge de plus en plus nos concitoyens et ceci va aller crescendo. Face à cette demande massive d’informations, de conseils, la Région, pourrait faciliter à la mise en place d’outils et les emplois-tremplins seraient à même de répondre à ces besoins ; et ceci sur deux axes.
Le premier est le conseil en économie d’énergie, dans la même logique que les Conseils en Économie Partagés que nous cofinançons avec l’Ademe. Ils permettent une mutualisation des moyens financiers entre communes pour un but commun : les économies d’énergie. Cette activité de conseil pourrait être l’occasion de mettre en place dans des communautés de communes des emploi-tremplins dont la mission serait de faire émerger des économies d’énergies et de sensibiliser le personnel. Les économies ainsi réalisées permettraient le financement et la pérennisation à terme des ces emplois.
Le deuxième axe est l’information du grand public. Les Espaces Info énergie existant sont submergés de travail tant la demande est forte. Il serait donc nécessaire de consolider ce réseau qui a su montrer sa compétence. La région pourrait ainsi, via les emplois-tremplins, permettre de le conforter afin que chaque ligérien puisse avoir accès à l’information. Dans le cadre d’un développement territorial, les emplois tremplins pourraient également jouer un rôle de levier mutualisant les compétences ressources tant associatives que professionnelles. Ceci devrait nécessairement être mis en place en partenariat avec d’autres organismes, dont les collectivités territoriales concernées, afin d’assurer une véritable pérennisation de ces postes.
C’est une des directions qui pourraient être donnée aux emploi-tremplins permettant tout à la fois d’allier notre politique énergétique, territoriale et de l’emploi, vers un même but économique, social et environnemental, bref dans le sens du développement durable.
Emmanuelle BOUCHAUD
Membre de la Commission « Environnement » en charge de l’énergie CONSEIL REGIONAL DES PAYS DE LA LOIRE Groupe « Les VERTS »
Intervention de Romain LANGLET
Rapport Transports collectifs et ferroviaire
Quatre vingt ! Quatre vingt trains CORAIL par semaine auront ainsi disparu de la circulation en 2004 et en 2005.C’est moins que les 100 prévus mais c’est encore trop !
Pourtant, aujourd’hui, nous pouvons un peu nous réjouir puisque la mobilisation des usagers, des associations, des syndicats de cheminots et des élus, particulièrement en région Pays de la Loire, a incité la SNCF à revenir en partie sur ces suppressions. Certes, les propositions de l’Etat et de la SNCF sont confuses mais considérons que c’est une première étape de la « Bataille du Rail » qui en appelle d’autres. Le gouvernement et la SNCF doivent et peuvent mieux faire.
Les suppressions envisagées sont la traduction des choix de la SNCF et du gouvernement qui depuis des années délaissent les lignes de voyageurs et de fret considérées comme non rentables. La suppression d’allers-retours quotidiens sur les lignes rend ces dernières moins attractives ; si le phénomène s’amplifie ces lignes perdront encore plus de voyageurs qui n’auront plus d’autre choix que de passer par la route. La SNCF aura alors beau jeu de justifier leur suppression.
Seule avancée significative, la modernisation des trains CORAILS : 130 millions d’euros. Mais, cela ne servira à rien s’il y a des restrictions de vitesse sur la majorité des lignes.
Au contraire, il faut envisager une relance des dessertes voyageurs. Cela nécessite des investissements importants : les infrastructures insuffisamment entretenues contraignent les trains à réduire de plus en plus leur vitesse (plus de 4 h pour Nantes-Bordeaux, 3 h 30 par la route !). Ainsi, l’audit sur l’état du réseau ferré national sorti en septembre 2005, souligne cette insuffisance de moyens financiers depuis 3 décennies et préconise 800 millions d’euros d’investissement supplémentaire chaque année pendant 20 ans. L’enjeu est de taille : La sécurité des voyageurs. La dégradation des voies ferrées s’aggrave de jour en jour et si rien n’est fait, 60% des lignes seront condamnées d’ici 20 ans.
Pour les Verts, il est clair que les choix budgétaires nationaux et régionaux doivent donner la priorité au rail plutôt qu’à la route ou aux aéroports. Alors que le prix du pétrole augmente fortement et définitivement, que les effets néfastes des gaz à effet de serre se font de plus en plus ressentir sur le climat, cette priorité est plus que jamais nécessaire et le gouvernement doit passer des paroles aux actes : le président de la république affirme dans les sommets internationaux que la planète est en danger, c’est bien, encore faut-il que les actes et les enveloppes financières suivent.
Rien de tel n’est prévu dans les propositions du gouvernement. Il confirme ainsi le désengagement financier de l’Etat dans son rôle d’Aménagement du territoire, en ne participant à aucun projet d’investissement. L’Etat amplifie ce désengagement en n’assurant pas l’affectation de ressources pérennes à l’AFITF (Agence de Financement des Infrastructures de Transports en France). Aujourd’hui, le gouvernement, revenant sur ses engagements, annonce la privatisation des sociétés autoroutières, dans l’année qui vient, et prive ainsi l’AFITF de sa principale source de financement.
Sans financement adéquat, l’objectif de report modal de la route vers le rail restera lettre morte.
La majorité régionale fait le maximum pour développer les transports ferroviaires régionaux (modernisation du parc, implication forte de la Région dans la réalisation des Pôles d’Echanges Multimodaux, doublement des trains suite à l’augmentation de la fréquentation, renforcement des dessertes...) mais la Région ne peut pas assumer les carences de l’Etat. Et si, demain, une expérimentation de décentralisation plus poussée des lignes ferroviaires devait se mettre en place, il est bien sûr évident qu’elle devrait s’accompagner des dotations financières de l’Etat correspondantes comme cela est prévu dans l’Article 72-2 de la Constitution.
Aujourd’hui, la balle est dans le camp de l’Etat.
Romain LANGLET, membre de la Commission « Aménagement, infrastructures, transport et déplacement » CONSEIL REGIONAL DES PAYS DE LA LOIRE Groupe « Les VERTS »
Intervention de Olivier BULARD
Rapport Enseignement secondaire Actions éducatives
En matière d’éducation, les choses avancent et le travail assidu de la Région, en liaison constante avec tous ses partenaires, permet peu à peu de dessiner une nouvelle vision.
Notre ligne d’horizon, c’est la réussite de tous, le bien-être du lycéen, le développement de son autonomie et de son esprit critique, son épanouissement d’homme et de citoyen.
Bâtir des murs, c’est bien, les faire vivre, c’est mieux.
Nous avons voulu donner à chaque établissement de la Région les moyens d’agir et d’améliorer son « quotidien éducatif ».
Cette DM2 nous permet donc de doter les établissements d’une somme qui leur permet maintenant d’organiser leurs initiatives pour l’année scolaire. Cette somme correspond à un doublement des crédits antérieurs. Nous marquons ainsi nettement la force de notre volonté politique : l’aide aux actions éducatives est un des volets d’un projet éducatif régional global.
Ces crédits sont doublés pour permettre à tous d’en bénéficier. Cette mesure volontariste concerne donc tous les établissements ; elle ne s’arrête pas à 60 d’entre eux, comme c’était le cas auparavant. Là où seuls ceux qui levaient le doigt étaient servis, tout le monde maintenant aura sa chance. Là où il fallait réclamer, il suffira d’organiser. Plus d’autonomie, plus de souplesse, plus de démocratie, c’étaient nos objectifs, cela doit devenir nos résultats.
Ce dispositif a été inventé dans la concertation, il est mis en oeuvre dans la transparence. Les critères sont clairs, chaque lycée sait de combien et comment chacun en bénéficie : cela est essentiel.
Rien cependant n’est figé. La concertation entamée au sein du groupe de travail qui réunit tous les acteurs, se poursuivra et les évaluations permettront les évolutions.
Il faudra vérifier, par exemple, que l’initiative n’est pas handicapée sous un certain seuil d’aide, auquel
ne parviendraient peut-être pas les plus petits établissements du fait de leurs faibles effectifs.
Il faudra peut-être prendre en compte un critère auquel nous avons déjà réfléchi, celui de la
géographie. Il n’est pas question, particulièrement pour ceux qui sont situés en territoire rural, que la
distance entre certains établissements et les équipements culturels soit une entrave. Cette question des
transports a d’ailleurs été évoquée de manière récurrente lors des Assises comme étant une source
potentielle de discrimination. Il faudra inventer les moyens de dépasser ce handicap.
Mais dores et déjà, dès sa première année, je suis persuadé que l’on pourra dire que cette réforme est une bonne réforme.
Cependant, sa réussite passe par l’engagement du plus grand nombre. De ce point de vue, je pense que nous pouvons encore faire beaucoup. L’envie d’inventer, de créer, d’innover, doit maintenant être partagée par tous : des chefs d’établissements aux lycéens, en passant par les professeurs, les conseillers d’éducation, les familles, les agents, les assistants d’éducation... Il me semble donc essentiel de renforcer 2 axes de notre action : l’accompagnement et la communication.
C’est pourquoi, je crains que sans mesure d’accompagnement et de valorisation, ces crédits, bien que doublés, aient du mal à atteindre leur objectif de manière satisfaisante. Les acteurs, sur le terrain, sont d’ailleurs demandeurs de cet « accompagnement » régional.
Nous aurons de nouveau, par la suite, l’occasion de traiter de cette question. Le travail continue, un bilan sera fait et vous sera présenté. Les enjeux sont forts, je les ai présentés en introduction, et je me réjouis que la Région ait pour objectif de contribuer au dynamisme des établissements d’enseignement et pour volonté la réussite et l’épanouissement de tous les jeunes ligériens, quels que soient leurs cycles de formation.
Olivier BULARD Membre de la Commission « Éducation et enseignement supérieur »
Projet d’une biennale d’art contemporain sur l’estuaire de la Loire
Intervention Romain LANGLET
Ce nouveau projet de Jean Blaise est original, porteur de nouveautés et de curiosité. Présenté essentiellement comme un projet culturel de type « biennale d’art contemporain » d’audience internationale, il recouvre selon les Elus Verts une dimension locale qui en fait un véritable projet d’aménagement du territoire. Sans nier le parti pris culturel, les incidences sur les plans environnemental et social doivent être considérées au même niveau d’importance.
Il doit notamment permettre aux habitants de la métropole Nantes Saint-Nazaire de découvrir ou de redécouvrir l’estuaire de la Loire et de se l’approprier.
Ce projet fait largement appel au financement public, pour des sommes très importantes. Les élus Verts présents dans plusieurs collectivités locales (ville de Saint-Nazaire et Carène, ville de Nantes et Nantes Métropole, commune de Savenay et communauté de communes Loire et Sillon, Conseil Régional) ont obtenu un report du vote de ce projet, prévu en juin dernier, pour avoir une discussion de fond, d’une part avec les élus porteurs du projet d’autre part avec Jean Blaise. En effet, nous souhaitions obtenir, avant le débat et le vote de nos collectivités en octobre, plusieurs garanties autour des grands enjeux que représente ce projet.
Mais avant tout pour mener à bien ce projet dans sa globalité, il est impératif de créer un outil afin d’associer tous les acteurs du territoire (élus, associations, artistes locaux, entreprises, chercheurs...), par exemple un comité de suivi. Ce premier point, très important pour nous, a reçu un accueil favorable de Jean Blaise.
Trois enjeux
Enjeu démocratique :
C’est un projet qui a un budget prévisionnel important (7,4M€, dont 1 M€ pour la ville de Nantes, 1 M€ pour Nantes Métropole, 1 M€ pour le conseil régional, 400.000 € pour la CARENE). Au vu des sommes engagées, c’est un projet qui doit donc être accessible au plus grand nombre. Par exemple, il est prévu un service régulier de liaisons par bateau entre Nantes et Saint Nazaire : à cet effet, nous souhaitons la mise en place de tarifs préférentiels.
Enjeu culturel :
Vu son importance, ce projet se doit d’impliquer un maximum acteurs locaux : les artistes, le tissu associatif, les
centres socio-culturels, les écoles, collèges et lycées,...
Les sommes importantes consacrées à ce projet ne doivent pas avoir de répercussions négatives sur les budgets
culturels des collectivités locales, notamment au détriment des budgets consacrés aux actions culturelles locales,
aux projets de proximité dans les quartiers.
Enjeu environnemental :
L’accessibilité des différents lieux et sites du projet à tous les habitants est essentielle. C’est l’enjeu démocratique du projet. Mais nous avons affaire, en différents endroits de l’estuaire, à des sites naturels fragiles et protégés. Il faut donc concilier ces deux problématiques, d’où nos interrogations sur la manière dont l’accessibilité aux sites naturels sera gérée : création de parkings en amont des sites et mise en place de navettes, place des vélos et piétons, accessibilité pour les handicapés, concertation avec les associations environnementales...
Ces trois enjeux étant connus et pris en compte nous souhaitons que cette manifestation atteigne tous ses objectifs pour un développement culturel et touristique durable de notre Région.
Romain LANGLET Vice-président du groupe Les Verts
Intervention de Jean-Christophe GAVALLET
Rapport OGM
Le groupe des Verts se félicite que l’engagement pris par notre assemblée le 17 mai, prolongé par un débat en assemblée plénière le 27 juin, poursuivis par un travail avec l’ensemble des acteurs, débouche aujourd’hui sur un acte politique fort : le vote avec le soutien du CESR de ce texte concernant les expérimentations en plein champs.
Il réaffirme l’attachement de la région au respect du principe de précaution déjà exprimé adopté en mai
2004 au travers un voeu :
« la Région se déclare opposée à tous essais privés ou publics, à toute culture de plantes
génétiquement modifiées, en plein champ sur le territoire de la région. »
Cette action a des implications interrégionales et internationales. Au Brésil par exemple, où une délégation interrégionale et européenne issue du groupe de travail est actuellement en mission, nous permettons à nos partenaires de résister aux pressions de l’agrobusiness. Localement nous confortons nos filières de production biologiques ou sous signe de qualité avec un impact positif sur la santé de nos concitoyens, comme nous la montré ma collègue Colette Meeldijk ce matin.
Toutefois nous ne pouvons passer sous silence que cette relation d’interdépendance à aussi des inconvénients. La libération d’espace pour les cultures vivrières au Sud passe par la mise en place chez nous, en interrégional, d’un « plan protéine » sécurisant ainsi l’approvisionnement de nos élevages et garantissant aux paysans du sud leur autonomie alimentaire.
Et même poussons un peu plus loin, les monocultures de maïs coûteuse en intrants (engrais, biocides, énergie) même soutenues par des cultures protéiniques locales (lupins, féveroles, colza), ne seront jamais aussi efficaces qu’une prairie permanente mélangeant graminées et trèfles, fournisseur d’azote pour les fourrages. Par ailleurs, ce type de prairies, riches en fleurs sont appréciées par nos abeilles bien éprouvées par gaucho, régent et consorts... des monocultures de maïs ou tournesol.
Le passage à un système d’élevage globalement plus herbagé aura par ailleurs l’avantage, en diminuant les surfaces nécessaires au maïs gourmand en eau, d’introduire une meilleure gestion de celle-ci.
Ainsi, une politique régionale et interrégionale autour d’un « plan protéine » évitera d’une part des entrées de soja ou de tourteaux de soja potentiellement OGM, redonnera de l’autonomie aux paysans et permettra une gestion plus rationnelle de l’eau en limitant le recours à l’irrigation pour le maïs. Réduire notre dépendance et ne pas contribuer au développement de cultures d’exportation au détriment des cultures vivrières, notamment au Brésil, est un axe de coopération international visant à la sécurité alimentaire ici et là-bas.
Le groupe Vert votera donc, bien naturellement, ce rapport qui est une avancée politique dont nous sommes fiers.
Jean-Christophe GAVALLET, Membre de la Commission « Environnement et cadre de vie »
Intervention de Emmanuelle BOUCHAUD
Rapport OGM : biocarburant et OGM
Je voudrais intervenir sur l’aspect énergétique de ce dossier OGM. En effet, nous sommes tous au courant du projet d’usine de biocarburant en Basse-Loire. L’éventualité d’une telle usine de transformation a aussi été évoquée dans la presse dans le Saumurois.
Même si l’utilisation d’huiles brutes plutôt que d’additifs à base végétale nous semble, tant pour les agriculteurs que pour l’environnement, préférable, ces projets vont dans le bon sens.
Cependant, ce biocarburant ou plus exactement cet additif au gasoil, est à base d’huile de colza ou de tournesol. Aussi, il est de notre devoir, d’être vigilant quant à la provenance des graines qui seront utilisées. En effet, s’il n’y a heureusement pas encore de cultures OGM de colza et de tournesol sur le territoire français, ce n’est pas le cas au États-Unis par exemple. C’est pourquoi, il faudrait s’assurer auprès des porteurs de projets que la matière première provienne de France ou pour le moins soit exempte d’OGM.
En effet, si nous n’ingérons pas ces biocarburants, leur fabrication passe par le pressage des graines qui donnent des tourteaux qui peuvent être ensuite être donnés comme substitut protéinique aux animaux. Si les graines sont OGM, les tourteaux le seront aussi et au final, que ce soit du lait ou de la viande, les producteurs ne pourraient plus alors parler de produits agricoles sans OGM. Dans notre région de label et d’agriculture biologique, ce serait dramatique.
Par ailleurs, cette nouvelle production pour l’agriculture, ne doit pas nécessairement inciter à une recherche de colza ou de tournesol OGM sous prétexte par exemple d’augmentation du rendement en huile. Cette nouvelle production ne doit pas non plus amener à une utilisation accrue de fertilisant ou autres biocides. La prudence et la vigilance sont donc de mise pour garder une cohérence avec la politique développée dans ce rapport.
Emmanuelle BOUCHAUD Membre de la Commission « Environnement » en charge des énergies CONSEIL REGIONAL DES PAYS DE LA LOIRE Groupe « Les VERTS »
Le rapport qui vous est présenté vous propose les orientations régionales sur l’intégration de la problématique OGM dans les politiques publiques régionales (recherche, activité économique, environnement, démocratie régionale). Ce rapport s’appuie sur les réflexions du groupe de travail OGM mis en place suite à la décision de la Commission Permanente du 17 mai 2004 sur l’interdiction d’essais OGM en plein champ et à la rencontre-débat organisée sur le thème des OGM le 27 juin dernier.
L’engagement contre l’expérimentation des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) en plein champ a été l’une des premières décisions, symboliquement forte, de la nouvelle équipe régionale. Les élus régionaux se sont ainsi explicitement exprimés, lors de la Commission Permanente du 17 mai 2004, opposés à tous essais publics ou privés, à toute culture de plantes génétiquement modifiées, en plein champ sur le territoire de la Région. Les élus ont également décidé, dans ce cadre, de ne pas participer au soutien à la mise en place de cultures de plein champ de plantes génétiquement modifiées.
Suite à cet engagement, et afin d’approfondir cette position, un débat contradictoire, pluraliste et informatif sur le thème des OGM, intitulé "OGM : s’informer et débattre des enjeux", a été organisé le 27 juin 2005, en présence de l’ensemble des groupes politiques et de nombreux acteurs régionaux d’horizons divers (agriculture, environnement, recherche, organisations syndicales, consommateurs, ...). Les premières leçons tirées des échanges ayant eu lieu à cette occasion sont les suivantes :
A l’issue de ce débat, j’avais annoncé la constitution d’un groupe de travail, ayant pour objectif de préparer les décisions régionales sur les différents thèmes abordés ; j’ai souhaité que des membres du CESR et du CCRRDT participent à ce groupe de travail et accompagnent les élus régionaux pour l’élaboration d’une plate-forme de propositions.
Ce rapport prend appui sur les réflexions menées par ce groupe de travail.
Le groupe de travail OGM a circonscrit l’objet de sa réflexion aux plantes OGM destinées à l’alimentation animale et humaine. Les OGM étudiés dans le cadre de la recherche médicale par exemple n’ont pas été abordés par le groupe de travail.
Agir avec d’autres et peser sur les décisions publiques
Favoriser une recherche régionale dans un cadre redéfini ouvert sur
les préoccupations et les attentes de la société
Soutenir et favoriser les filières qualité en Pays de la Loire
Développer un projet de "plan protéine régional" ou "interrégional"
Mettre en place une information permanente et occasionnelle sur le
sujet OGM - qualité - traçabilité
En conclusion, je vous demande d’approuver les orientations de ce rapport, et plus particulièrement :