5 mars 2007
Power 8 chez Airbus : chronique d’un atterissage forcé
jeudi 15 mars 2007, mis en ligne par Didier QUERAUD
Les Verts sont solidaires des salariés d’Airbus et des sous-traitants qui viennent de prendre connaissance du plan de restructuration, avec l’ampleur des pertes d’emploi à la clé.
Ils appellent les citoyen(ne)s à se joindre aux différentes manifestations organisées sur les sites de production.
Cependant, les Verts ne peuvent s’empêcher d’alerter l’opinion sur ce qui relie cette secousse salariale au problème plus large du transport aérien. A l’heure où la raréfaction de la ressource pétrolière est de plus en plus prégnante, à l’heure où les effets des changements climatiques induits par les pollutions humaines sont de plus en plus sensibles, il est temps de dépasser la surprise qui révolte, et d’analyser l’évènement avec plus de lucidité. Il faut transformer ce drame en une véritable chance.
Depuis plusieurs années, les Verts dénoncent les non-sens écologiques et économiques de la gestion de l’entreprise Airbus. De l’éparpillement des sites de production, aux querelles inter-sites en passant par les travaux pharaoniques entrepris sur les finances publiques pour transporter les différents éléments de l’A 380 en Midi-Pyrénées, les indices d’une stratégie hasardeuse étaient nombreux.
La construction aéronautique, dans un champ où la mondialisation tend à réduire les acteurs aux plus gros, est un secteur particulièrement sensible aux fluctuations des échanges monétaires et au cours des matériaux, mais aussi aux stratégies des lobbies. Les commandes provoquant des embellies succèdent aux échecs commerciaux, et inversement. Ce fonctionnement par à-coups, qui puise dans les finances publiques quand il s’agit d’investissements lourds, et qui laisse d’un seul coup sur le carreau un nombre important de salariés, s’oppose aux principes du développement durable.
Plutôt que maintenir l’emploi dans ce secteur incertain, la puissance publique doit saisir l’opportunité pour lancer un vaste plan de reconversion sur des activités moins énergivores, et dont l’emploi ne sera soumis ni à des tentations de gigantisme, ni à une mondialisation cupide.
Qu’ils soient directement sous la tutelle d’Airbus ou qu’ils soient dans le périmètre des entreprises sous-traitantes, les salariés doivent pouvoir se réorienter vers un avenir professionnel stable et sécurisé.